Le battage médiatique autour du développement durable est terminé, mais le sujet continue d'influencer l'économie. Presque tous les 77 cadres suisses récemment interrogés par le cabinet de conseil Deloitte augmentent leurs dépenses en matière de développement durable.
Alors que Deloitte s'est concentré sur les entreprises établies, cette tendance vaut également pour les start-ups. L'organisme de promotion économique Greater Zurich Area se vante qu'aucun autre pays ne compte autant de start-ups durables par habitant que la Suisse. Presque chaque semaine, une nouvelle start-up cleantech voit le jour dans ce pays.
Mais dans le domaine des start-ups, il est dans la nature des choses que beaucoup ne survivent que quelques années. Voici trois start-ups durables qui ont reçu des subventions importantes en 2025 et qui démarrent donc la nouvelle année de manière prometteuse.
Simple Train : traverser la frontière en train
Voyager en train en Europe représente un véritable défi : chaque pays dispose de ses propres opérateurs et systèmes de billetterie. Cela rend non seulement difficile le passage d'une ou plusieurs frontières en train, mais cela revient souvent plus cher que l'avion.
Simple Train, basée à Wallisellen, souhaite changer cela. La start-up trouve les voyages en train internationaux les moins chers vers la Suède, l'Albanie ou le Maroc. Elle utilise diverses astuces pour obtenir le prix le plus avantageux : elle compare par exemple un billet standard avec un billet Interrail ou combine plusieurs billets pour des trajets plus courts.
2026 pourrait être une grande année pour Simple Train : après un financement initial par le fonds pionnier Migros en 2020, la start-up a reçu en 2025 une généreuse subvention de la Fondation Suisse pour le Climat et a remporté le Prix de l'avenir de Zurich. Peu avant la fin de l'année, elle a connu un couronnement médiatique : Saskia Bilang, membre de l'équipe, a figuré dans la liste Forbes « 30 under 30 », qui récompense les personnalités économiques les plus passionnantes. L'équipe s'est bien sûr rendue à la cérémonie de remise des prix à Berlin en train.
Malgré ces succès, l'équipe est consciente qu'elle ne peut changer les choses que dans une certaine mesure : contrairement au train, les vols sont exonérés de la taxe sur la valeur ajoutée et de la taxe énergétique. Or, la mobilité est responsable de près d'un tiers desémissions de CO2 en Europe. Le trafic routier en est le principal responsable, suivi par le trafic aérien et maritime. Le transport ferroviaire est clairement le plus durable.
Niatsu : données provenant de l'espace
La production alimentaire est également responsable de près d'un tiers de toutes les émissions de gaz à effet de serre en Europe, et ces émissions diminuent moins rapidement que dans d'autres secteurs.
C'est là qu'intervient la start-up zurichoise Niatsu. Elle fournit à l'industrie alimentaire des données qui permettent aux entreprises de connaître leurs émissions et ainsi de les réduire. Depuis peu, l'équipe a accès aux données satellitaires de l'Agence spatiale européenne (ESA). Cela permet à sa plateforme d'analyser avec précision les processus agricoles et les voies de transport.
Niatsu ne reçoit pas seulement des données de l'ESA, mais aussi des fonds : depuis 2025, l'entreprise zurichoise fait partie du programme de soutien ESA BIC. Elle reçoit ainsi jusqu'à 200 000 euros pour développer et faire évoluer son idée. La ville de Zurich soutient également Niatsu depuis décembre 2025 avec plus de 200 000 francs suisses, et Kündig, l'un des principaux producteurs alimentaires de Suisse, fait déjà partie de ses clients.
Les informations fournies par Niatsu ne sont pas seulement intéressantes pour les entreprises, mais aussi pour les cuisiniers amateurs : les fondateurs ont développé un outil permettant d'estimer l'empreinte carbone d'une recette. Une pizza prosciutto pour quatre personnes selon Betty Bossi? 4,5 kgde CO2, soit l'équivalent de 30 à 40 km en voiture. Comment réduire facilement cette empreinte ? En renonçant au jambon, il ne reste plus que 2,9 kgde CO2.
Thermal Transformer : des centres de données plus écologiques
Nous avons besoin de toujours plus de données et donc de toujours plus d'ordinateurs pour les traiter. L'Agence internationale de l'énergie estime que la consommation électrique des centres de données doublera d'ici 2030 en raison de l'intelligence artificielle.
La Suisse compte déjà plus de 100 centres de données, et la tendance est à la hausse. Ceux-ci consomment environ 7 % de l'électricité suisse. Il n'est donc pas surprenant que, selon un sondage réalisé par Algorithmwatch Switzerland, la majorité de la population s'inquiète de l'augmentation de la consommation électrique des centres de données.
Les collaborateurs de Thermal Transformer, basés à Schwyz, se sont attaqués à ce problème. Ils recyclent la chaleur résiduelle des serveurs ou des centres de données et la réutilisent ensuite pour refroidir les ordinateurs. La Fondation Suisse pour le Climat a reconnu le potentiel de cette initiative et a intégré Thermal Transformer 2025 dans son programme de financement.

