Des déchets à la mode : chaque bouteille en PET repêchée dans la Limmat sert de matière première pour la collection circulaire de Round Rivers. Photo : Round Rivers
Vom Abfall zur Mode: Jede aus der Limmat gefischte PET-Flasche dient als Rohstoff für die kreislauffähige Kollektion von Round Rivers. Foto: Round Rivers
Chaque bouteille en PET repêchée dans la Limmat sert de matière première à l’entreprise Round Rivers, qui les transforme en vêtements. Photo: Round Rivers
« On s'habille en fonction de ce qui flotte sur l'eau »
«Was im Fluss treibt, zieht man an»
Repêcher les déchets de la Limmat pour en faire des vêtements
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Depuis 2019, Peter Hornung repêche à la main des bouteilles en PET dans les eaux de la centrale électrique de Letten. Ce qui ressemble à une opération de nettoyage n'est en réalité que le début d'une chaîne de production : la marque zurichoise Round Rivers transforme le plastique récupéré dans les rivières en vêtements, fabriqués localement.
Am Kraftwerk Letten fischt Peter Hornung PET-Flaschen aus dem Wasser, von Hand, seit 2019. Was wie eine Aufräumaktion klingt, ist der Anfang einer Produktionskette: Das Zürcher Label Round Rivers macht aus Flussplastik Mode, produziert im regionalen Umfeld.
Depuis 2019, l’entreprise Round Rivers récupère les bouteilles en PET jetées dans la rivière zurichoise. Elle les transforme ensuite en vêtements produits localement.
Il faut de la patience, un bon œil et des gants imperméables. À la centrale électrique de Letten, là où la Limmat traverse le nord de Zurich, les déchets flottants et les plastiques s’accumulent. Peter Hornung y repêche des bouteilles en PET depuis 2019, non pas dans le cadre d’une action ponctuelle, mais comme méthode. Il a ainsi collecté environ 60 000 bouteilles à ce jour, à la main selon ses propres dires. Il n'est d'ailleurs pas si facile de lui prêter main-forte : l'accès au Letten est restreint et une formation spécifique est nécessaire. C'est pourquoi Round Rivers effectue ce travail en interne.
Sa marque fabrique des vêtements à partir de cette matière première : maillots de bain, bikinis, vestes d’hiver. L’idée semble simple ; sa mise en œuvre l’est moins. Mais c’est précisément ce qui a séduit cet ancien architecte. « À l’époque, l’Association suisse du textile estimait qu’il n’était pas possible de recycler localement les déchets collectés localement », explique Hornung. « Cela m’a d’abord déçu, mais c’est aussi exactement la motivation dont j’avais besoin. »
Depuis 2019, le fondateur Peter Hornung a déjà récupéré environ 60 000 bouteilles en PET dans la Limmat et les a transformées en vêtements. Photo : Round Rivers
De la rivière au fil
Le parcours de la bouteille à la veste passe par plusieurs étapes, toutes situées dans un rayon de 140 kilomètres. Après la collecte, les bouteilles sont triées par couleur à Zurich, une étape distincte de la chaîne de production qui est explicitement mentionnée sur les pages produits. En Thurgovie, elles sont broyées en flocons de plastique. Au Tessin, on en fait des granulés et du fil. Dans la région de Varèse, au nord de l'Italie, une entreprise familiale tisse le tissu ; la confection est également réalisée dans le nord de l'Italie, à Côme.
« Pour nous, le terme “local” n’est pas un simple argument marketing, mais un principe fondamental », explique Hornung. Cela se voit aussi dans les détails : les cartons d’expédition sont fabriqués en Suisse, et l’hébergement du site web est assuré à Zurich grâce à de l’énergie renouvelable. Le stockage et l’expédition sont pris en charge par la fondation Espas à Zurich, qui aide des personnes à s’insérer sur le marché du travail.
La veste comme preuve
La «Swiss Waste Jacket» est un exemple concret de cette idée. Cette veste d'hiver unisexe est composée, à l'extérieur, d'un tissu fabriqué à partir de bouteilles en PET récupérées dans la Limmat. Selon Round Rivers, la couche isolante est constituée de duvet suisse recyclé provenant de couettes et d'oreillers inutilisés, qui est lavé et stérilisé. Certaines éditions sont limitées à 200 exemplaires, car la production est fonction de la quantité de matériaux collectés. Chaque veste porte un numéro.
Pour Hornung, les maillots de bain incarnent encore plus clairement le concept de circularité: « Cette idée me fascine encore aujourd’hui. Utiliser les déchets polluants de la Limmat pour en faire un maillot de bain, avec lequel on peut ensuite se jeter à nouveau dans cette même rivière, désormais propre. »
Le cycle fermé : les bouteilles en PET de la Limmat sont transformées en bikinis et maillots de bain pour un retour dans la rivière désormais propre. Photo : Round Rivers
Grandir sans consommer davantage
Pour 2026, Hornung ne prévoit pas d’augmenter le nombre de bouteilles, mais un autre type d’expansion. « Nous ne pouvons pas continuer à nous développer avec la matière première provenant de la Limmat elle-même, et c'est très bien ainsi », dit-il. La matière est limitée, et c'est précisément cette limite qui stimule la créativité. Round Rivers travaille donc sur une solution de reprise : toute personne qui rapporte un produit reçoit un avoir. L'objectif de Hornung derrière cela : « Notre plastique fluvial ne doit pas seulement avoir une seule nouvelle vie, mais une infinité de vies. »
« Avec notre approche, nous souhaitons inciter les gens à consommer à nouveau de manière plus responsable et locale », explique Hornung. La consommation locale conduit souvent automatiquement à une réduction de la consommation. « On réfléchit davantage à ce dont on a vraiment besoin – et à ce dont on n’a pas besoin. » Round Rivers a en tout cas déjà prouvé qu’une bouteille flottant dans les eaux de la ville pouvait se transformer en une veste d’hiver numérotée.
Es braucht Geduld, ein gutes Auge und wasserfeste Handschuhe. Am Kraftwerk Letten, wo die Limmat durch den Norden Zürichs drängt, stauen sich Treibgut und Plastik. Peter Hornung fischt hier seit 2019 PET-Flaschen aus dem Fluss, nicht als Einmalaktion, sondern als Methode. Rund 60'000 Flaschen hat er auf diese Weise bisher gesammelt, nach eigenen Angaben von Hand. Mithelfen ist übrigens nicht so einfach: Der Zugang am Letten ist eingeschränkt, besondere Schulungen sind nötig. Round Rivers macht die Arbeit deshalb selbst.
Aus diesem Rohstoff macht sein Label Kleidung: Badeanzüge, Bikinis, Winterjacken. Die Idee klingt einfach; die Umsetzung ist es weniger. Doch genau das hat den ehemaligen Architekten gereizt. «Der Schweizer Textilverband meinte damals, lokal gesammelten Abfall auch lokal wieder zu verwerten sei nicht machbar», sagt Hornung. «Das war zuerst ernüchternd, aber gleichzeitig genau die Motivation, die ich gebraucht habe.»
Gründer Peter Hornung hat seit 2019 bereits rund 60'000 PET-Flaschen aus der Limmat gesammelt und zu Mode verarbeitet. Foto: Round Rivers
Vom Fluss zum Faden
Der Weg von der Flasche zur Jacke führt über mehrere Stationen, alle innerhalb eines Radius von 140 Kilometern. Nach dem Sammeln werden die Flaschen in Zürich nach Farbe sortiert, ein eigener Schritt in der Produktionskette, der auf den Produktseiten explizit ausgewiesen ist. Im Thurgau werden sie zu Kunststoffflocken geschreddert. Im Tessin entstehen daraus Granulat und Garn. In der Region Varese in Norditalien webt ein Familienbetrieb den Stoff, die Konfektion erfolgt ebenfalls in Norditalien, in Como.
«Lokal ist für uns kein Marketingbegriff, sondern ein Grundprinzip», sagt Hornung. Das zeigt sich auch im Detail: Versandkartons werden in der Schweiz produziert, das Webhosting läuft in Zürich auf erneuerbarer Energie. Lager und Versand übernimmt die Stiftung Espas in Zürich, die Menschen in den Arbeitsmarkt integriert.
Die Jacke als Beweis
Ein konkretes Objekt für diese Idee ist die «Swiss Waste Jacket». Die Unisex-Winterjacke besteht aussen aus Stoff, der aus PET-Flaschen der Limmat gewonnen wurde. Die Isolationsschicht ist laut Round Rivers recycelte Schweizer Daune aus ungenutzten Duvets und Kissen, die gewaschen und sterilisiert wird. Bestimmte Editionen sind auf 200 Stück limitiert, weil nur so viele produziert werden, wie das gesammelte Material erlaubt. Jede Jacke trägt eine Nummer.
Für den Kreislaufgedanken steht bei Hornung persönlich die Bademode noch klarer als Sinnbild: «Die Idee fasziniert mich bis heute. Verschmutzung aus der Limmat zu nutzen, um daraus ein Badekleid zu machen, mit dem man anschliessend wieder in denselben, sauberen Fluss springen kann.»
Der geschlossene Kreislauf: Aus PET-Flaschen der Limmat entstehen Bikinis und Badeanzüge für den Sprung zurück in den sauberen Fluss. Foto: Round Rivers
Wachsen, ohne mehr zu verbrauchen
Für 2026 plant Hornung nicht mehr Flaschen, sondern eine andere Art von Ausdehnung. «Mit dem Rohstoff aus der Limmat selbst können wir nicht weiter wachsen, und das ist auch gut so», sagt er. Das Material sei begrenzt, und genau diese Grenze zwinge zu Kreativität. Round Rivers arbeitet deshalb an einer Rücknahmelösung: Wer ein Produkt zurückbringe, erhalte eine Gutschrift. Hornungs Ziel dahinter: «Unser Flussplastik soll nicht nur ein einziges neues Leben bekommen, sondern endlos viele.»
«Mit unserem Ansatz möchten wir Menschen dazu inspirieren, wieder bewusster lokal zu konsumieren», sagt Hornung. Lokaler Konsum führe oft automatisch zu weniger Konsum. «Man überlegt sich genauer, was man wirklich braucht – und was nicht.» Dass aus einer Flasche, die im Stadtfluss treibt, eine nummerierte Winterjacke werden kann, hat Round Rivers jedenfalls bereits bewiesen.
Le travail demande de la patience, de bons yeux et des gants étanches. À la centrale électrique du Letten, où la Limmat traverse le nord de Zurich, plastique et déchets flottants s’accumulent devant le barrage. Depuis 2019, Peter Hornung y repêche des bouteilles en PET. Il en a récolté environ 60’000 jusqu’à présent, à la main selon ses propres dires. Il n’est pas si simple de lui prêter main-forte: l’accès à la centrale est restreint et nécessite des formations spécifiques. Le fondateur de Round Rivers se charge donc lui-même de cette tâche.
Sa marque transforme ces bouteilles en vestes d’hiver et en maillots de bain. L’idée paraît simple, mais sa mise en œuvre l’est beaucoup moins. C’est pourtant ce défi qui a attiré cet architecte de formation. «À l’époque, la Fédération textile suisse estimait qu’il n’était pas possible de valoriser localement des déchets collectés en Suisse», explique-t-il. «Au début, c’était décourageant, mais c’est aussi exactement la motivation dont j’avais besoin.»
Depuis 2019, Peter Hornung a collecté près de 60’000 bouteilles en PET dans la Limmat. Photo: Round Rivers
De la bouteille au vêtement
Le chemin de la bouteille à la veste passe par plusieurs étapes, toutes dans un rayon de 140 kilomètres. Après la collecte, les bouteilles sont triées par couleur à Zurich, une particularité de la chaîne de production que la marque met en avant sur sa fiche produit. Elles sont ensuite broyées en flocons en Thurgovie, puis transformées en granulés de polyester et en fil au Tessin. Direction ensuite la province de Varèse, au nord de l’Italie, où le plastique est extrudé en matière textile dans une entreprise familiale. Les vêtements sont ensuite confectionnés dans une fabrique à Côme.
«Pour nous, la dimension locale n’est pas un argument marketing, mais un principe fondamental», explique Peter Hornung. Cette philosophie se reflète jusque dans les moindres détails: les cartons d’expédition sont fabriqués en Suisse et l’hébergement web est alimenté par de l’énergie renouvelable à Zurich. Le stockage et l’expédition sont assurés par la fondation Espas, qui accompagne les personnes dans leur réinsertion professionnelle.
Une veste en matériau recyclé
La Swiss Waste Jacket est un exemple concret de cette philosophie locale. L’extérieur de cette doudoune unisexe est composé de tissu obtenu à partir de bouteilles en PET. La couche isolante est en duvet suisse recyclé, issu de couettes et d’oreillers inutilisés, qui sont lavés et stérilisés, comme le précise Round Rivers. Certaines collections sont limitées à 200 pièces, car l’entreprise ne peut pas produire plus que ce qu’elle collecte comme matière première. Chaque veste est numérotée.
Pour Peter Hornung, les maillots de bain incarnent parfaitement l’idée de circularité: «Cette idée me fascine encore aujourd’hui. Utiliser les bouteilles récupérées dans la Limmat pour en faire des maillots de bain, avec lesquels on peut ensuite replonger dans cette même rivière, devenue propre.»
Les bouteilles en PET récupérées dans la Limmat servent à fabriquer des maillots de bain qui permettent ensuite de se baigner dans la rivière zurichoise. Photo: Round Rivers
Croître sans utiliser plus de plastique
Pour 2026, Peter Hornung ne prévoit pas d’augmenter la production, mais de s’étendre autrement. «Avec la matière première issue de la Limmat, nous ne pouvons pas croître davantage, et c’est très bien ainsi», affirme-t-il. La ressource est limitée, et c’est précisément cette limitation qui stimule la créativité. Round Rivers travaille donc à un système de reprise des articles: toute personne qui rapporte un produit recevra un bon d’achat. L’objectif? «Le plastique issu de la rivière ne doit pas connaître une seule nouvelle vie, mais une infinité», explique-t-il.
«Avec notre approche, nous voulons inciter les gens à revenir à une consommation locale plus consciente», explique-t-il. Selon lui, privilégier le local conduit souvent automatiquement à consommer moins. «On réfléchit davantage à ce dont on a vraiment besoin – et à ce dont on n’a pas besoin.» Round Rivers a en tout cas déjà prouvé qu’une bouteille flottant dans la rivière zurichoise pouvait être transformée en vêtement.