La limite des habits de seconde main
«Je me suis demandé de combien de vêtements ai-je vraiment besoin et envie?» explique la Bernoise, qui vit à Lucerne. En 2018, elle a donc porté la même robe tous les jours pendant un an pour One – The Project. Puis, peu à peu, elle a modifié sa consommation, mettant l’accent sur la durabilité. Mais elle s’est heurtée à une limite avec les sous-vêtements: dans ce domaine, la seconde main ne fonctionne pas. «Et les marques durables étaient soit pas assez originales pour moi, soit avaient de la dentelle qui grattait la peau», note-t-elle. En septembre, elle a donc développé elle-même des prototypes de lingerie durable et a lancé un crowdfunding. La première pierre de son propre label était posée. «Pendant longtemps, j’ai pensé qu’en tant qu’individu on ne pouvait pas faire la différence, mais à un moment donné, j’ai compris que ce n’était pas vrai», avoue-t-elle. En mars 2019 a eu lieu la création officielle de Thoughts of September.
La marque propose des sous-vêtements produits en Suisse, qui se déclinent en 60 tailles différentes. Tous les matériaux utilisés proviennent d’Europe, la majorité d’entre eux étant à base d’eucalyptus. Celui-ci pousse plus vite et possède un meilleur rendement que le coton. «Six mètres carrés de forêt d’eucalyptus permettent de produire dix T-shirts, explique Zippora Marti. Avec un champ de coton de la même dimension, on en obtient un seul.» La couture est réalisée en Suisse. Mais cette exigence de durabilité et d’équité l’a obligée à relever des défis.
Payer volontairement plus pour avoir de la qualité
«Il était difficile de trouver les bonnes personnes en Suisse, se souvient Zippora Marti. Autrefois, le pays avait une industrie textile forte, mais la production a été délocalisée à l’étranger.» En raison de la production locale et des matériaux de haute qualité utilisés, les prix de la lingerie sont donc supérieurs à ceux qu’affiche le marché. Mais là aussi la jeune femme a trouvé une solution: un système de prix solidaire. «Probablement le premier dans le secteur du textile», affirme-t-elle. Les clientes ont la possibilité de payer plus que ce qui est indiqué sur l’étiquette. L’argent supplémentaire est directement versé, sous forme de bons d’achat, à des personnes qui ne pourraient autrement pas s’offrir la lingerie de Thoughts of September.
«Thoughts of September est ma petite utopie, explique Zippora Marti. Nous n’avons en revanche pas le pouvoir de changer fondamentalement les choses au sein du système.» Mais sa marque montre à petite échelle ce qui devrait être possible de faire à grande échelle. Pour continuer sur cette voie, le label a lancé un crowdfunding pour ouvrir un atelier.