La passion du jardinage urbain n’attend pas les années

4
points
|
4
minutes de lecture

Tomás Ramalho et Timeo Ngamije, deux écoliers lausannois de 14 ans, ont décidé de cultiver leurs propres légumes et plantes.

L’initiative vient de Tomás: «J’ai pris cette décision il y a quelques années. J’ai décidé de planter quelques légumes et plantes sur mon balcon. J’ai commencé à ramasser des graines et à les planter dans des pots de confiture. Et cette année, on s’est dit qu’on pouvait essayer d’en faire plus et d’essayer de se nourrir de nos propres récoltes. L’an dernier, j’avais déjà pas mal planté, pendant le confinement et j’étais parvenu à faire plusieurs repas avec mes propres cultures. Il y a avait des pommes de terre, de la salade, des tomates. Cette année, on fait aussi des poivrons, des petits pois, des piments»

«Le projet de Tomás m’a séduit. Nous sommes dans la même école et sa démarche m’a intéressé. C’est cool, innovant, et à notre niveau, ça nous permet de maîtriser un peu notre avenir», estime pour sa part Timeo.

Les deux garçons ont alors planté quelques fleurs. Leur but était de les vendre pour financer leur attirail de jardiniers en herbe. L’opération n’a pas franchement été un succès, les deux ayant tenté une grande opération de vente un dimanche, dans les rues lausannoises désertes. Pas de quoi décourager les deux écoliers bien décidés à étendre leur expérience de jardinage. «Aujourd’hui, on essaie de trouver des partenaires, des gens qui seraient d’accord de nous prêter des parcelles, des terrasses, ou des balcons, bref des endroits où nous pourrions faire nos cultures. On a fait une demande à notre école où il y a quelques trucs laissés à l’abandon, et on voulait les récupérer pour mettre quelques pots, mais cela n’a pas abouti», explique Tomás.

Par souci d’efficacité et de proximité, les deux ados cherchent des endroits où exercer leur passion, dans le grand Lausanne, plus particulièrement dans les zones 1002 et 1015. «L’idée est qu’on puisse s’y rendre tous les jours», rappelle Timeo. Des demandes pour exploiter des spots connus des deux ados sont en cours. Membres des scouts, ces derniers espèrent pouvoir entreposer des pots dans des cabanes ou des entrepôts des scouts, «même si ces endroits sont relativement éloignés de chez nous», relève Timeo. Les démarches ont été entreprises et elles devraient positivement aboutir.

Pas de partenaire pour cette catégorie d'article.

Passionnant, le jardinage urbain n’est pas particulièrement chronophage pour les deux larrons qui estiment y consacrer vingt minutes par jour et une journée à la quinzaine. Alors que Tomás et Timeo sont en plein développement de leur projet, ils en maîtrisent déjà les contours: «En mars et avril, on plante beaucoup à l’intérieur. Et en mai, juin, on va plutôt aller sur l’extérieur. On se documente énormément sur internet. On se renseigne pour savoir quelles plantes résistent mieux que les autres. Par exemple, les patates et les oignons, on peut déjà les sortir sur le balcon tandis que les poivrons, eux, si on les mettait dehors maintenant, ils mourraient», détaillent-ils.

Jardiniers bio, les ados poussent la démarche de la durabilité assez loin, en plantant notamment graines et plantons dans des pots de yogourt ou des boîtes de conserve usagés.

Les jeunes Lausannois envisagent-ils de créer une communauté de mains vertes, pas forcément, ou alors du moins, pas dans l’immédiat: «on prend un peu des notes de nos expériences. De ce qui fonctionne bien et de ce qui ne fonctionne pas. On projette de faire un site sur lequel on communiquera nos petites astuces, nos découvertes», explique Timeo. «Mais pour l’instant on prend surtout les informations», complète Tomás.

De cette passion, les écoliers envisagent-ils d’y trouver un prolongement professionnel? Tomás y réfléchit un peu, et se verrait, pourquoi pas, maraîcher. Quant Timeo il entend plutôt poursuivre ses études, dans un premier temps, du moins.

Pour Timeo, jardiner sur le balcon est une démarche innovante et intéressante qui lui permet, à son niveau, de maîtriser un peu son avenir.


A l’instar de Tomàs et Timeo, de nombreux citadins s’adonnent désormais au jardinage urbain. Loin des cultures industrielles maraîchères, ce hobby permet non seulement de raccourcir le trajet terre - assiette, et donc d’économiser le CO2 dû au transport des denrées, mais limite également le coût énergétique. Certes, le secteur maraîcher a réalisé de grands progrès ces dernières années, parvenant à réduire ses émissions de CO2 de 35%. Toutefois, les serres continuent majoritairement à être chauffées par des combustibles fossiles. La donne devrait cependant changer grâce à la stratégie sectorielle mise sur pied avec le soutien de SuisseEnergie. D’ici à 2030 les serres suisses seront ainsi chauffées à 80% sans combustibles fossiles. Une valeur qui passera à 100% en 2040.


Première publication : 
11.6.2021
  | Dernière mise à jour : 
16.6.2021
Participer au sondage
Nous enregistrons votre réponse

Vous avez déjà participé

Voir mes points

Sélectionnez une réponse

Super ! Vous gagnez:

0
points
Échanger mes points

Quel dommage !

0
Réessayez tout de suite.
Échanger mes points
Oups ! Un problème est survenu lors de la soumission du formulaire.
Nous enregistrons votre réponse

Vous avez déjà participé

Voir mes points

Es-tu un jardinier actif?

Sélectionnez une réponse

Super ! Vous gagnez:

4
points
Échanger mes points
Oups ! Un problème est survenu lors de la soumission du formulaire.
Nous enregistrons votre réponse

Vous avez déjà participé

Voir mes points

Super ! Vous gagnez:

0
points
Échanger mes points
Oups ! Un problème est survenu lors de la soumission du formulaire.

Partagez cet article

Plus d'articles