Car, en Afrique, 650 millions de personnes vivent sans électricité. Or, celle-ci est centrale pour le développement d’un pays – que ce soit pour le travail, l’école ou la santé. Son premier projet doit consister à amener l’électricité dans la ferme Zeitz grâce à l’énergie solaire et éolienne.
Mais, au lieu de cela, il devient… marchand de vaches. Il y a en effet des problèmes avec le directeur de la ferme et 350 vaches se retrouvent en attente d’être vendues. Alessandro Medici commence donc par négocier ce bétail. «C’était une aventure inoubliable», se souvient-il. En plus, il apprend à mener des affaires avec des Africains.
Une technologie solaire compliquée dans une caisse
Après cette parenthèse, il peut enfin se consacrer à son projet. «Une technologie solaire complexe n’est toutefois pas compatible avec l’Afrique», déplore Alessandro Medici. Ce continent manque en effet d’ingénieurs capables de construire les installations et d’en assurer le suivi. Alessandro Medici a alors une idée: faire disparaître la technologie solaire dans une boîte, et ainsi rendre possible l’installation d’un système d’énergie solaire en un tour de main. Plusieurs boîtiers doivent en outre pouvoir être couplés pour obtenir plus de puissance.
Le concept prend rapidement forme sur le papier. Alessandro Medici et ses partenaires remportent même l’Axpo Energy Award avec cette idée – sans pour autant disposer d’une technologie qui fonctionne. «Maintenant, ça devient sérieux», s’est alors dit Alessandro Medici. Nous sommes en 2014, année où il fonde l’entreprise Power Blox.
Il ne sait cependant pas si son idée fonctionnera. «L’interaction entre les composants d’une installation solaire est extrêmement complexe», précise-t-il. Une étude semble d’ailleurs montrer que ce n’est pas possible. Alessandro Medici y croit malgré tout et parvient à trouver une solution grâce à une collaboration avec une entreprise de Zeiningen (AG). C’est ainsi qu’est né la PBX-200, une boîte rouge vif avec un panneau solaire, un accumulateur et des prises de courant de 230 volts.
L’électricité aide l’Afrique à sortir de la pauvreté
«Notre boîte peut alimenter en électricité jusqu’à vingt foyers africains», souligne Alessandro Medici. Et si plusieurs d’entre elles sont couplées, la puissance s’additionne. L’utilisation de l’installation est si simple que même les non-initiés peuvent la faire fonctionner en quelques minutes (lire l'encadré).
Cette boîte peine toutefois à trouver des acheteurs en Afrique – elle est trop chère pour la plupart des gens. C’est pourquoi Power Blox développe dans un même temps des modèles commerciaux en collaboration avec des ONG, comme Caritas ou Lifeline Fund. Cela doit, par exemple, permettre à un village de la rembourser progressivement.
Mais revenons au tour du monde entrepris par Alessandro Medici: «Mon envie de m’engager en Afrique est née lorsque j’ai rendu visite à une Suissesse en Tanzanie», explique-t-il. C’est à ce moment qu’il se rend compte de l’importance de l’électricité en vue d’une sortie de la pauvreté de l’Afrique. Mais la plus grande difficulté, comme bien souvent, reste le financement des projets.