Irene Lampert, chargée de cours et chercheuse à la Haute école pédagogique de Zurich, étudie comment intégrer avec succès le développement durable dans le quotidien scolaire. Photo : PD
Irene Lampert, Dozentin und Forscherin an der Pädagogischen Hochschule Zürich, untersucht, wie nachhaltige Entwicklung erfolgreich in den Schulalltag integriert werden kann. Foto: PD
Irene Lampert est enseignante et chercheuse à la Haute École pédagogique de Zurich. Photo: DR
Pourquoi les mots ne suffisent pas à eux seuls dans l'éducation au développement durable
Warum Worte allein bei der Nachhaltigkeitsbildung nicht ausreichen
Comment parler de développement durable aux enfants?

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Qu'il s'agisse d'angoisse climatique ou d'un sentiment d'impuissance : Irene Lampert, chargée de cours à la Haute école pédagogique de Zurich, explique dans une interview comment sensibiliser les enfants et les adolescents au développement durable.
Ob Klimaangst oder Ohnmachtsgefühl: Irene Lampert, Dozentin an der Pädagogischen Hochschule Zürich, erklärt im Interview, wie man Kindern und Jugendlichen Nachhaltigkeit näherbringen kann.
Pour sensibiliser les jeunes aux enjeux climatiques, les mots ne suffisent pas, selon une experte de la Haute École pédagogique de Zurich. L’exemple des adultes compte davantage. Interview.
La prise de conscience de l'impact de son propre comportement sur l'environnement commence dès l'enfance. Irene Lampert, chargée de cours et chercheuse à la Haute école pédagogique de Zurich, explique comment les enseignants, les parents et les autres personnes de référence peuvent aider les enfants et les adolescents à développer une conscience de la durabilité.
À partir de quel âge les enfants sont-ils capables de comprendre des notions complexes telles que la durabilité ou la protection du climat ?
Dès l'âge préscolaire, de nombreux enfants développent une compréhension assez nuancée de la nature et des êtres vivants. Ils identifient des relations simples de cause à effet, et selon certaines études, on observe les premiers signes d'une pensée systémique dès l'âge de quatre ou cinq ans. Un bond en avant significatif se produit vers l'âge de sept ans. Cela ne signifie toutefois pas qu'il ne faille rien faire avant – bien au contraire. À l'âge de la maternelle, il s'agit de découvrir la nature, de développer de l'empathie pour les êtres vivants et de s'impliquer pour la première fois dans la vie quotidienne. Ce sont là les racines sur lesquelles pourra se développer plus tard une compréhension des enjeux climatiques.
Il est également important de noter que, même chez les jeunes, certaines idées scientifiquement erronées, comme la confusion entre le trou dans la couche d'ozone et l'effet de serre, persistent. Des recherches menées dans les pays germanophones montrent que ces idées reçues sont tenaces et qu'il est difficile de les faire évoluer par la simple transmission de connaissances.
Pouvez-vous citer des exemples de thèmes liés au développement durable qui intéressent les élèves du primaire ?
En règle générale, on part de ce qui est proche et tangible pour aller vers l'abstrait. De la maternelle jusqu'à la deuxième année environ, l'accent est mis sur des thèmes que les enfants peuvent découvrir de manière concrète. Il s'agit par exemple de la météo, des matériaux, des déchets ou de la vie en groupe. À partir du CE2, l’accent est mis sur des concepts plus complexes, tels que le cycle de l’eau, la biodiversité et les impacts de la consommation ou de la mobilité sur l’environnement. En principe, tous les thèmes liés au développement durable peuvent être abordés de manière adaptée à l’âge des enfants : c’est le degré de complexité qui est déterminant, et non le thème en soi.
Et qu'en est-il des enfants plus âgés et des adolescents ?
Les élèves du secondaire sont capables d'appréhender scientifiquement des concepts abstraits tels que l'effet de serre. Parallèlement, ce niveau scolaire offre un cadre propice à la discussion sur les questions de justice climatique et de politique climatique, ou à l'analyse des chaînes d'approvisionnement. Le programme d'enseignement « Lehrplan 21 » couvre déjà bien bon nombre de ces thèmes. Je trouve également utile la présentation des 17 objectifs de développement durable de l'Unesco adaptée aux différents âges.
Dans quelle mesure faut-il parler franchement aux enfants du primaire des conséquences du changement climatique ?
Les recherches montrent que le silence ne protège pas les enfants, mais leur fait plutôt du tort. Il ne s’agit pas de leur imposer le sujet. Mais il faut prendre leurs questions au sérieux et y répondre. Il est surtout important de ne pas simplement balayer leurs craintes d’un revers de main. Ce qui pèse le plus sur les enfants, ce n’est pas la vérité sur le changement climatique. C'est le décalage entre ce qu'ils ressentent et la réaction – ou l'absence de réaction – qu'ils observent chez les adultes. L'angoisse climatique n'est pas un trouble, mais une réaction compréhensible face à une menace réelle. Concrètement, cela signifie : reconnaître les peurs, ne pas les minimiser – mais toujours de manière adaptée à leur âge et en proposant des pistes d'action. Les scénarios purement catastrophiques sans perspective d'avenir s'avèrent contre-productifs.
Comment éviter que les enfants se sentent dépassés par ce sujet ?
La clé réside dans ce que la recherche appelle « l'espoir constructif ». Il existe ici une distinction importante. L'espoir fondé sur le déni, qui s'exprime par exemple sous la forme « ça ne sera pas si grave », réduit de manière avérée l'engagement. L'espoir constructif, en revanche, reconnaît la réalité et recherche activement des solutions. Concrètement, cela signifie ne pas s'arrêter aux scénarios catastrophes, mais toujours mettre en avant des possibilités d'action. Les enfants qui font l’expérience qu’ils peuvent eux-mêmes faire bouger les choses – par exemple dans le jardin de l’école, lors d’une bourse aux vêtements ou dans le cadre d’un projet local en faveur de la nature – développent un sentiment d’efficacité personnelle plutôt qu’un sentiment d’impuissance. À cela s’ajoutent d’autres facteurs de protection tels qu’un contact régulier avec la nature, l’ancrage social dans des groupes qui agissent ensemble et un environnement dans lequel les inquiétudes peuvent être exprimées.
Quelles approches pédagogiques se sont avérées efficaces pour faire comprendre aux enfants et aux adolescents de faire comprendre la durabilité?
Les cours magistraux sur les molécules de CO₂ ne changent ni les mentalités ni les comportements. Ce qui fonctionne, ce sont les formes d'apprentissage participatives dans lesquelles les enfants et les adolescents s'impliquent activement. Un jardin d'herbes aromatiques entretenu en commun, par exemple, permet de faire l'expérience concrète de la durabilité. Les projets ancrés localement, qui s’inscrivent dans le quotidien des enfants, donnent également de bons résultats. L’implication d’acteurs extrascolaires, tels que des chercheurs en climatologie, ainsi que les discussions en classe favorisent la compréhension de différentes perspectives. Enfin, les enseignants devraient aborder de manière ciblée les idées qui ne sont pas scientifiquement fondées.
Comment favoriser et ancrer cette sensibilité à long terme ?
Les projets ponctuels et l'engagement de quelques enseignants ne suffisent pas. Des études montrent que les actions isolées en faveur du développement durable restent sans effet si elles ne sont pas ancrées dans l'organisation de l'école. Il faut adopter ce qu'on appelle une «approche globale de l'école». Le développement durable doit être mis en pratique simultanément dans le programme scolaire, le fonctionnement de l'établissement, la culture organisationnelle et la collaboration avec l'environnement.
Mais ce qui importe avant tout, c'est l'exemple que nous donnons. Si l'on parle de durabilité en classe, mais que l'école agit elle-même à l'inverse, cela manque de crédibilité. Les enfants et les adolescents perçoivent ces contradictions. Et la direction de l'école joue ici un rôle clé. Dans le cadre de notre projet de recherche à la HEP de Zurich, nous avons identifié sept catégories de compétences qui caractérisent une direction d'école axée sur la durabilité – de l'élaboration d'une vision commune aux structures participatives, en passant par la mise en réseau avec l'extérieur. Lorsque la durabilité est vécue de manière globale à l'école, les projets spéciaux ne sont plus nécessaires.
Et que conseillez-vous aux parents et aux autres personnes de référence lorsqu'ils abordent le thème de la durabilité avec des enfants d'âge scolaire ?
Là encore, ce que l'on dit passe au second plan : ce qui compte, c'est ce que l'on fait. Les enfants imitent leurs parents et les autres adultes. Mais l'effet inverse est particulièrement intéressant : ce sont les enfants qui changent leurs parents. Une étude a démontré que l'éducation au climat à l'école augmente considérablement la sensibilité des parents à cette question. Lorsque les enfants apprennent la durabilité à l'école et en parlent à la maison, cela touche toute la famille. Mon conseil aux parents : agissez vous-mêmes, ne vous contentez pas de parler. L’enfant a besoin d’espace pour partager ses connaissances et exprimer ses inquiétudes. En tant que parents, on a le droit d’admettre ses propres incertitudes et on peut apprendre ensemble.
D'après votre expérience, qu'est-ce qui motive vraiment les enfants et les adolescents à changer de comportement ?
Les changements de comportement résultent de l'interaction entre la motivation, l'auto-efficacité et l'intégration sociale. Des mouvements tels que Fridays for Future combinent ces facteurs et sont donc particulièrement efficaces. Les jeunes, en particulier, s’inspirent fortement de leur entourage. Il n’est pas rare que le simple fait de savoir que des modèles ou des camarades réduisent leur consommation de viande, par exemple, suffise à les inciter à en manger moins eux-mêmes. Cela vaut également pour les plus jeunes : ceux qui ont eux-mêmes fait bouger les choses modifient leur comportement de manière plus durable que ceux qui en ont seulement entendu parler.
Comment les adultes peuvent-ils réagir de manière constructive à des affirmations telles que « De toute façon, mon comportement ne change rien » ?
En tant qu'adulte de référence, il convient tout d'abord de demander d'où vient cette attitude. Elle cache souvent un manque de confiance en soi, l'un des obstacles psychologiques les plus courants lorsqu'il s'agit d'aborder les questions climatiques. Au lieu de corriger trop vite, il vaut mieux demander : qu'est-ce qui déclenche exactement ce sentiment ?
Une expérience publiée dans la revue spécialisée «Science» a montré que les conventions sociales basculent lorsqu'une minorité engagée atteint 25 %. L'action individuelle n'est pas une goutte d'eau dans l'océan, mais une contribution à un mouvement grandissant qui initie des changements sociaux. Il suffit donc de faire partie de cette minorité qui a plus d'impact qu'on ne le pensait au départ. On peut donc dire aux enfants et aux jeunes : « À toi seul, tu ne sauveras pas le climat, mais tu fais partie d'un groupe qui en est capable. »
Das Verständnis für die Auswirkungen des eigenen Verhaltens auf die Umwelt entsteht bereits im Kindesalter. Wie Lehrkräfte, Eltern und andere Bezugspersonen Kinder und Jugendliche dabei unterstützen können, ein Bewusstsein für Nachhaltigkeit zu entwickeln, erklärt Irene Lampert, Dozentin und Forscherin an der Pädagogischen Hochschule Zürich.
Ab wann können Kinder komplexere Zusammenhänge wie Nachhaltigkeit oder Klimaschutz verstehen?
Bereits im Vorschulalter entwickeln viele Kinder ein recht differenziertes Verständnis für Natur und Lebewesen. Sie erkennen einfache Ursache-Wirkung-Zusammenhänge, und erste Ansätze systemischen Denkens lassen sich laut Studien schon zwischen vier und fünf Jahren beobachten. Ein deutlicher Sprung passiert um das siebte Lebensjahr. Das bedeutet aber nicht, dass man vorher nichts tun sollte – im Gegenteil. Im Kindergartenalter geht es um Naturerleben, Empathie für Lebewesen und erste Mitbestimmung im Alltag. Das sind die Wurzeln, auf denen später ein Verständnis für Klimazusammenhänge wachsen kann.
Wichtig ist auch: Selbst bei Jugendlichen halten sich wissenschaftlich nicht adäquate Vorstellungen, etwa die Verwechslung von Ozonloch und Treibhauseffekt, hartnäckig. Forschung aus dem deutschsprachigen Raum zeigt, dass solche Alltagsvorstellungen stabil sind und sich durch reine Wissensvermittlung kaum weiterentwickeln lassen.
Können Sie Beispiele nennen, welche Nachhaltigkeitsthemen für Primarschulkinder relevant sind?
Als Faustregel gilt: vom Nahen und direkt Erlebbaren hin zum Abstrakten. Im Kindergarten bis etwa zur zweiten Klasse stehen Themen im Zentrum, die Kinder konkret erfahren können. Dazu gehören beispielsweise das Wetter, Materialien, Abfall oder das Zusammenleben in der Gruppe. Ab der dritten Klasse rücken komplexere Zusammenhänge in den Fokus wie der Wasserkreislauf, Biodiversität und die Auswirkungen von Konsum oder Mobilität auf die Umwelt. Grundsätzlich lassen sich alle Nachhaltigkeitsthemen altersgerecht vermitteln – entscheidend ist der Komplexitätsgrad, nicht das Thema an sich.
Und wie sieht es bei älteren Kindern und Jugendlichen aus?
Oberstufenschülerinnen und -schüler können abstrakte Konzepte wie den Treibhauseffekt naturwissenschaftlich verstehen. Gleichzeitig bietet diese Schulstufe Raum, um Fragen der Klimagerechtigkeit und Klimapolitik zu diskutieren oder Lieferketten zu analysieren. Der Lehrplan 21 bildet viele dieser Themen bereits gut ab. Hilfreich finde ich auch die Aufbereitung der 17 Nachhaltigkeitsziele der Unesco für verschiedene Altersstufen.
Wie ehrlich sollte man mit Kindern im Primarschulalter über die Folgen des Klimawandels sprechen?
Die Forschung zeigt, dass Verschweigen Kinder nicht schützt, sondern ihnen eher schadet. Es geht nicht darum, ihnen das Thema aufzudrängen. Aber man sollte Fragen ernst nehmen und auf sie eingehen. Wichtig ist vor allem auch, Ängste nicht einfach abzutun. Was Kinder am meisten belastet, ist nicht die Wahrheit über den Klimawandel. Es ist die Diskrepanz zwischen dem, was sie spüren, und dem, was sie von Erwachsenen an Reaktion erleben oder eben nicht erleben. Klimasorge ist keine Störung, sondern eine nachvollziehbare Reaktion auf eine reale Bedrohung. Das bedeutet konkret: Ängste anerkennen, nicht verharmlosen – aber immer altersgerecht und verknüpft mit Handlungsmöglichkeiten. Reine Katastrophenszenarien ohne Perspektive wirken kontraproduktiv.
Wie kann man vermeiden, dass sich Kinder durch das Thema überfordert fühlen?
Der Schlüssel liegt in dem, was die Forschung «konstruktive Hoffnung» nennt. Es gibt dabei eine wichtige Unterscheidung. Hoffnung, die auf Verleugnung basiert und beispielsweise in Form von «es wird schon nicht so schlimm» geäussert wird, senkt nachweislich das Engagement. Konstruktive Hoffnung hingegen anerkennt die Realität und sucht aktiv nach Lösungen. Konkret heisst das, nicht bei Katastrophenszenarien stehen zu bleiben, sondern immer auch Handlungsmöglichkeiten aufzeigen. Kinder, die erleben, dass sie selbst etwas bewirken können – zum Beispiel im Schulgarten, bei einer Kleiderbörse oder in einem lokalen Naturprojekt –, entwickeln Selbstwirksamkeit statt Ohnmacht. Dazu kommen weitere Schutzfaktoren wie regelmässiger Naturkontakt, die soziale Einbettung in Gruppen, die gemeinsam handeln, und ein Umfeld, in dem Sorgen ausgesprochen werden dürfen.
Frontalunterricht über CO₂-Moleküle verändert weder Einstellungen noch Verhalten. Was wirkt, sind partizipative Lernformen, bei denen Kinder und Jugendliche selbst aktiv werden. Ein gemeinsam gepflegter Kräutergarten etwa macht Nachhaltigkeit konkret erfahrbar. Gute Ergebnisse zeigen auch lokal verankerte Projekte, die an die Lebenswelt der Kinder anknüpfen. Der Einbezug ausserschulischer Akteure wie Klimaforschende sowie Diskussionen im Unterricht fördern das Verständnis für unterschiedliche Perspektiven. Und nicht zuletzt sollten Lehrpersonen wissenschaftlich nicht adäquate Vorstellungen gezielt aufgreifen.
Wie kann diese Sensibilität langfristig gefördert und verankert werden?
Einzelne Projekte und engagierte Lehrpersonen reichen nicht. Studien zeigen, dass isolierte Nachhaltigkeitsaktivitäten wirkungslos bleiben, wenn sie nicht in der Schulorganisation verankert sind. Es braucht einen sogenannten «Whole School Approach». Nachhaltigkeit muss im Curriculum, im Schulbetrieb, in der Organisationskultur und in der Zusammenarbeit mit dem Umfeld gleichzeitig gelebt werden.
Zentral ist aber, was wir vorleben. Wenn im Unterricht über Nachhaltigkeit gesprochen wird, die Schule aber selbst gegenteilig handelt, wirkt das wenig glaubwürdig. Kinder und Jugendliche nehmen solche Widersprüche wahr. Und ein Schlüssel dafür ist die Schulleitung. In unserem Forschungsprojekt an der PH Zürich haben wir sieben Kompetenzkategorien herausgearbeitet, die eine nachhaltigkeitsorientierte Schulführung kennzeichnen – von gemeinsamer Visionsentwicklung über partizipative Strukturen bis zur Vernetzung nach aussen. Wenn Nachhaltigkeit ganzheitlich in der Schule gelebt wird, braucht es keine Sonderprojekte mehr.
Und was raten Sie Eltern und anderen Bezugspersonen, wenn sie mit Kindern im Schulalter über Nachhaltigkeit sprechen?
Auch hier ist zweitrangig, was man sagt – entscheidend ist, was man tut. Kinder kopieren ihre Eltern und andere Erwachsene. Besonders spannend ist aber der umgekehrte Effekt: Kinder verändern ihre Eltern. Eine Studie hat nachgewiesen, dass Klimabildung in der Schule die Klimasensibilität der Eltern signifikant erhöht. Wenn Kinder in der Schule über Nachhaltigkeit lernen und davon zu Hause erzählen, bewegt das die ganze Familie. Mein Rat an Eltern: selbst handeln, nicht nur reden. Das Kind braucht Raum, sein Wissen einzubringen und Sorgen anzusprechen. Man darf als Eltern auch die eigene Unsicherheit zulassen und kann gemeinsam lernen.
Was motiviert Kinder und Jugendliche Ihrer Erfahrung nach wirklich dazu, ihr Verhalten zu ändern?
Verhaltensänderungen entstehen aus dem Zusammenspiel von Motivation, Selbstwirksamkeit und sozialer Einbindung. Bewegungen wie Fridays for Future vereinen diese Faktoren und sind deshalb besonders wirksam. Gerade Jugendliche orientieren sich stark an ihrem Umfeld. Nicht selten reicht schon das Wissen, dass Vorbilder oder Gleichaltrige beispielsweise ihren Fleischkonsum reduzieren, damit sie selbst weniger Fleisch essen. Auch bei jüngeren Kindern gilt: Wer selbst etwas bewirkt hat, verändert sein Verhalten nachhaltiger als jemand, der nur darüber gehört hat.
Wie können Erwachsene auf Aussagen wie «Mein Verhalten macht ohnehin keinen Unterschied» sinnvoll reagieren?
Als erwachsene Bezugsperson sollte man zunächst nachfragen, woher diese Haltung kommt. Dahinter steckt oft mangelnde Selbstwirksamkeit, eine der häufigsten psychologischen Barrieren im Umgang mit Klimathemen. Statt vorschnell zu korrigieren, sollte man nachfragen: Was genau löst dieses Gefühl aus?
Ein in der Fachzeitschrift «Science» publiziertes Experiment hat gezeigt, dass soziale Konventionen kippen, wenn eine engagierte Minderheit 25 Prozent erreicht. Individuelles Handeln ist nicht ein Tropfen auf den heissen Stein, sondern ein Beitrag zu einer wachsenden Bewegung, die gesellschaftliche Veränderungen anstösst. Es genügt also, Teil dieser Minderheit zu sein, die mehr bewirkt als anfänglich gedacht. Man kann Kindern und Jugendlichen darum sagen: «Du allein rettest das Klima nicht, aber du bist Teil einer Gruppe, die es kann.»
La sensibilité aux enjeux climatiques et environnementaux se forge dès l’enfance. Irene Lampert, enseignante et chercheuse à la Haute École pédagogique de Zurich, explique comment les adultes peuvent accompagner les enfants et les adolescents dans le développement de leur conscience écologique.
À partir de quel âge les enfants peuvent-ils comprendre des concepts aussi complexes que la durabilité ou la protection du climat?
Dès l’âge préscolaire, de nombreux enfants développent déjà une bonne compréhension de la nature et du monde vivant. Ils reconnaissent des relations simples de cause à effet. Selon des études, les premières approches de la pensée systémique peuvent être observées dès 4 ou 5 ans. Un cap est ensuite franchi vers l’âge de 7 ans. Mais cela ne signifie pas qu’il ne faut rien faire avant, bien au contraire. À l’école enfantine, l’accent doit être mis sur le contact avec la nature, l’empathie envers les êtres vivants et les petits choix du quotidien. Ce sont les racines sur lesquelles pourra se développer, plus tard, une vraie compréhension des enjeux climatiques.
Il est également important de noter que, même chez les adolescents, certaines fausses croyances ont la vie dure. Par exemple, beaucoup confondent le trou dans la couche d’ozone et l’effet de serre. Des recherches menées dans les pays germanophones montrent que ces idées reçues sont profondément ancrées et qu’une simple transmission de connaissances théoriques ne suffit généralement pas à les corriger.
Pouvez-vous donner des exemples de thèmes liés à la durabilité adaptés à des élèves de primaire?
La règle générale consiste à partir de leur environnement proche et de leurs propres observations pour aller vers l’abstrait. Durant le premier cycle primaire, l’accent est mis sur ce que les enfants peuvent expérimenter de manière concrète. Il s’agit par exemple de la météo, des déchets ou de la vie en groupe. Dès la 5P, on commence à aborder des mécanismes plus complexes comme le cycle de l’eau, la biodiversité ou les effets de la consommation ou de la mobilité sur l’environnement. En principe, tous les sujets liés au développement durable peuvent être abordés, pour autant qu’ils soient adaptés à l’âge des élèves. C’est le degré de complexité qui compte, pas le thème en soi.
Qu’en est-il pour les enfants plus âgés et les adolescents?
Les élèves du secondaire sont capables de comprendre des concepts abstraits comme l’effet de serre. À cet âge, on peut aussi aborder des questions de justice et de politique climatiques, ou analyser les chaînes d’approvisionnement. Le plan d’études intègre une grande partie de ces thématiques. Je trouve également utile de présenter les 17 objectifs de développement durable de l’ONU en les adaptant à l’âge des élèves.
Jusqu’à quel point faut-il être honnête avec les élèves de primaire sur les conséquences du changement climatique?
La recherche montre que le silence ne protège pas les enfants, mais plutôt qu’il leur nuit. L’idée n’est pas de leur imposer le sujet, mais de prendre leurs questions au sérieux et d’y répondre. Il est important de ne pas ignorer leurs inquiétudes. Ce qui pèse le plus sur les enfants, ce n’est pas la réalité du réchauffement climatique, c’est le décalage entre ce qu’ils ressentent et ce qu’ils observent chez les adultes. L’écoanxiété est une réaction normale face à une menace bien réelle. Concrètement, il faut accueillir leurs craintes sans les minimiser, tout en adaptant le discours à leur âge et en leur proposant des pistes d’action. Présenter des scénarios alarmistes sans perspectives a un effet contre-productif.
Comment éviter que les enfants ne se sentent dépassés par le sujet?
La clé réside dans ce que la recherche appelle «l’espoir constructif». Il convient toutefois de faire une distinction importante. L’espoir basé sur le déni, comme le fait de se dire que la situation n’est pas si grave et qu’elle va finir par s’arranger, réduit l’engagement. À l’inverse, l’espoir constructif reconnaît la réalité et cherche activement des solutions. Concrètement, cela signifie qu’il ne faut pas s’arrêter aux scénarios catastrophes, mais proposer des pistes d’action. Les enfants qui constatent qu’ils peuvent agir à leur échelle – par exemple dans le potager de l’école, lors d’une bourse aux vêtements ou dans le cadre d’un projet local en faveur de la nature – développent une vraie confiance en leur capacité d’action, et non pas un sentiment d’impuissance. D’autres remparts protègent aussi contre l’anxiété: le contact régulier avec la nature, le fait de faire partie d’un groupe qui se mobilise en faveur du climat, et un environnement où l’on peut exprimer librement ses inquiétudes.
Quelles méthodes pédagogiques ont fait leur preuve pour sensibiliser les enfants et les adolescents à la durabilité?
Les cours sur les molécules de CO₂ ne modifient ni les attitudes ni les comportements. Ce qui fonctionne, ce sont les formes d’apprentissage participatives, où les enfants et les adolescents participent de manière active. Un jardin d’herbes aromatiques entretenu en commun, par exemple, rend la durabilité plus concrète. Les projets locaux, directement liés au quotidien des enfants, donnent également de très bons résultats. De plus, l’intervention de spécialistes, comme des climatologues, ainsi que des discussions en classe permettent de développer la compréhension de différents points de vue. Enfin, les enseignants peuvent partir des idées reçues des élèves pour leur expliquer des faits scientifiques.
Comment encourager et ancrer durablement cette sensibilité écologique?
Quelques projets isolés et des enseignants engagés ne suffisent pas. Les études montrent que les activités liées à la durabilité restent sans effet si elles ne sont pas intégrées dans le fonctionnement de l’école. Il faut ce que l’on appelle une approche globale, ou whole school approach, qui intègre la durabilité dans le plan d’études, la gestion de l’école et la culture de l’établissement.
Mais ce qui compte vraiment, c’est l’exemple que nous donnons. Si l’on parle de durabilité en classe, mais que l’école fait l’inverse, le message perd en crédibilité. Les enfants et les adolescents perçoivent ces contradictions. La direction de l’école est l’une des clés de cette cohérence. Dans le cadre de notre projet de recherche à la Haute École pédagogique de Zurich, nous avons mis en évidence sept domaines clés pour une gestion d’école orientée vers la durabilité. Ils vont du développement d’une vision commune à l’ouverture vers l’extérieur, en passant par des structures participatives. Lorsque la durabilité fait partie intégrante de la vie de l’école, il n’y a plus besoin de projets spécifiques.
Quels conseils donneriez-vous aux adultes qui souhaitent parler de durabilité avec des enfants?
Ici aussi, ce que l’on dit est secondaire – ce qui compte, c’est ce que l’on fait. Les enfants copient leurs parents et les autres adultes. Mais l’effet inverse est particulièrement intéressant: les enfants influencent aussi leurs parents. Une étude a montré que le fait d’aborder les questions climatiques à l’école augmente significativement la sensibilité des parents sur ce sujet. Lorsque les enfants parlent de durabilité à l’école et en discutent ensuite à la maison, cela a un effet sur toute la famille. Mon conseil aux parents est donc le suivant: agissez et ne vous contentez pas de parler. L’enfant a besoin d’un espace pour partager ses connaissances et exprimer ses inquiétudes. En tant que parents, on a aussi le droit de montrer ses propres incertitudes et d’apprendre avec eux.
D’après votre expérience, qu’est-ce qui motive réellement les jeunes à changer leur comportement?
Les changements de comportement résultent d’un mélange de motivation, de sentiment de pouvoir agir et d’appartenance à un groupe. Des mouvements comme Fridays for Future réunissent ces trois facteurs et sont donc particulièrement efficaces. Les jeunes, en particulier, sont fortement influencés par le comportement des autres. Il suffit souvent qu’ils sachent que des personnalités ou des personnes de leur âge réduisent leur consommation de viande pour qu’ils en mangent moins eux-mêmes. Le constat est le même chez les enfants: s’ils agissent eux-mêmes de manière concrète, leurs comportements changent de façon plus durable que s’ils avaient simplement entendu parler du sujet.
Comment les adultes peuvent-ils réagir face à des jeunes qui ont l’impression que leurs actions ne changeront rien?
Il faut d’abord chercher à comprendre d’où vient cette attitude. Elle découle souvent d’un sentiment d’impuissance, l’un des freins psychologiques les plus fréquents face aux questions climatiques. Plutôt que de vouloir les contredire tout de suite, il vaut mieux leur demander: qu’est-ce qui déclenche ce sentiment chez toi?
Une expérience publiée dans la revue scientifique «Science» a montré que les normes sociales basculent dès qu’une minorité engagée atteint 25% de la population. Une action individuelle n’est pas une goutte d’eau dans l’océan, c’est une contribution à un mouvement plus large qui pousse la société à changer. Il suffit donc de faire partie de cette minorité, dont l’impact est bien plus grand qu’on ne le pense. On peut donc dire aux enfants et aux adolescents: «Tu ne sauveras pas le climat tout seul, mais tu fais partie d’un groupe qui peut le faire.»