Noah Rechsteiner est la voix moderne d'une jeune génération et, à 23 ans, il fait partie des plus jeunes restaurateurs de Suisse. Son menu? Entièrement végétalien. Mais même en dehors de la cuisine, le jeune homme de 23 ans essaie de vivre son quotidien de manière consciente et de prendre soin de l’environnement. Il nous révèle dans cette interview comment il en est arrivé là et quels sont ses conseils pour un quotidien respectueux des ressources.
Noah, tu as déjà ouvert trois pop-ups et tu prévois de lancer ton propre restaurant prochainement. Quelle est ta source de motivation?
Mon grand esprit d’innovation et le plaisir que j’ai à travailler. Même après une journée de travail de 16 heures, je me sens toujours motivé. Je suis conscient que c’est un grand privilège de pouvoir exercer ma passion comme métier. De plus, des clients heureux me donnent énormément d’énergie. Et bien sûr, l’idée de faire quelque chose qui a du sens.
Est-ce que tu as toujours rêvé d’ouvrir ton propre restaurant?
Je rêve d’ouvrir mon propre restaurant depuis que j’ai 14 ans environ. Je me souviens encore très bien de l’époque où j’ai créé un logo à l’école avec l’inscription «ANOAH». Mes camarades de classe se moquaient de moi et ne croyaient pas vraiment en moi. Mais j’ai poursuivi mon rêve et j’ai fini par arriver là où je suis.
Tu as donc découvert ta passion pour la cuisine à l’âge de 14 ans?
Non, j’ai commencé à cuisiner quand j’avais environ sept ans. Quand mon père avait son jour de congé et qu’il cuisinait pour nous, je restais à côté de lui et je le regardais faire. Puis j’ai pris le relais et j’ai préparé des menus pour toute la famille et pour des invités. L’hospitalité a toujours été au premier plan dans ma famille, et, heureusement pour moi, j’en ai reçu un bon exemple.
Aujourd’hui, tu proposes une cuisine entièrement à base de plantes. Pourquoi ce choix?
Tout simplement parce que je suis moi-même végane. Et parce que de cette manière, je peux faire découvrir le mode de vie végane aux gens sans les agresser. Je ne clame pas non plus haut et fort mon véganisme, mais je propose simplement une cuisine à base de plantes et je surprends ainsi régulièrement des clients qui n’avaient encore jamais expérimenté la cuisine végane, ou qui en avaient eu seulement des expériences négatives.
Depuis quand es-tu végane?
Depuis mon voyage en Asie en 2018. J’y ai très souvent mangé végétalien sans le savoir et j’ai remarqué que je ne manquais de rien et que la nourriture était vraiment bonne. Je ne voyais donc aucune raison de devoir tuer des animaux. J’aimais bien manger sans aucun produit animal. De plus, les émissions de C02, qui sont très élevées dans la production de viande, sont préoccupantes. Je préfère donc renoncer à la viande et faire ainsi un geste pour l’environnement.
Où trouves-tu l’inspiration pour tes recettes?
Je vais très souvent courir avec mon chien pour écouter la nature. Il nous accompagne d'ailleurs, mon équipe et moi, à la récolte annuelle d'ail des ours. Cette sortie d'équipe a lieu chaque année, car pour moi, la durabilité n'est pas seulement importante dans l'assiette, mais aussi dans la société.
En dehors de ton régime végétalien, comment intègres-tu la sensibilisation à l’environnement et au développement durable dans ton quotidien?
Je fais particulièrement attention à acheter des produits bio chaque fois que c’est possible. Bien sûr, ils sont parfois plus chers, mais cela en vaut vraiment la peine. Sinon, j’aime me déplacer à vélo, parce que j’habite en ville et que c’est bon pour le corps et l’environnement. Cette année, j’ai prévu des vacances à vélo en Suisse et je me suis rendu au travail ou à l’école en deux-roues tout l’hiver.
As-tu des conseils à donner pour que le quotidien soit tout simplement respectueux des ressources?
Respectez les saisons et, si possible, achetez local. Cela réduit les émissions inutiles de C02 et les produits ont bien meilleur goût! Il faut aussi prendre conscience que l’on ne peut pas se passer de tout partout, mais que chaque petit pas dans la bonne direction est un pas important. Peu importe que l’on coupe l’eau en se brossant les dents, que l’on lave les légumes à froid ou que l’on adopte une alimentation complètement végétalienne: si tout le monde participe, ne serait-ce qu’un peu, nous pouvons ensemble faire bouger beaucoup de choses qui auront un impact sur le monde dans lequel nous vivons.
Que souhaites-tu pour ton avenir?
Bien sûr, trouver au plus vite un lieu où je puisse enfin ouvrir mon propre restaurant fixe. Et une plus grande ouverture d’esprit vis-à-vis de la cuisine végétale. Car celle-ci est tout sauf ennuyeuse et vraiment savoureuse! Si vous voulez vous en convaincre, n’hésitez pas à me contacter.
