On considère souvent sa chambre comme un havre de paix, un cocon auquel nous seuls avons accès, sans pollution du monde extérieur. Ce n’est cependant souvent pas le cas. En effet, les matelas sont composés d’une pléthore de matériaux différents: mousse, ressorts, latex, coton, métal et colles. Les couettes et les oreillers, eux, contiennent duvet, plumes, polyester, laine ou autres fibres.
En somme, notre sommeil a lui aussi une empreinte écologique. Moins visible qu’un vol d’avion ou qu’un steak dans l’assiette, mais bel et bien là. Et elle ne commence pas seulement lors de l’achat d’un nouveau matelas, mais chaque matin, au moment d’aérer la chambre.
Entretenir son matelas
Pour dormir de manière plus durable, il n’est pas nécessaire de racheter tout son linge de lit, bien au contraire. Le matelas le plus écologique est souvent celui que l’on ne remplace pas à la légère. Sa fabrication, son transport et son élimination ont un impact plus important que beaucoup ne le pensent.
Il existe bien sûr de bonnes raisons de changer de matelas: lorsqu’il est usé, que votre dos ou votre sommeil en pâtissent, ou que l’hygiène devient un problème. Mais le réflexe «neuf = meilleur» est trompeur, même dans la chambre à coucher. Mieux vaut se poser cette question: mon matelas est-il vraiment en fin de vie, ou n’est-il simplement plus flambant neuf?
Si vous envisagez d’acheter un nouveau matelas, examinez-le de plus près. De quoi est-il composé? Les housses sont-elles lavables ou remplaçables? Le fabricant a-t-il fait tester le produit pour détecter les substances nocives? Indique-t-il l’origine des matériaux de manière transparente? Des labels tels qu’Oeko-Tex, GOTS ou GOLS peuvent vous aider, mais leur signification varie: un produit testé pour détecter les substances nocives n’est pas automatiquement biologique. Et un produit biologique n’est pas automatiquement recyclable.
Naturel ne veut pas dire durable
Coton, laine, latex, duvet… Ces matières naturelles sont bien plus agréables au toucher que le plastique et les produits chimiques. Mais est-ce qu’elles sont meilleures pour l’environnement?
Le coton peut être durable et confortable, mais sa culture nécessite beaucoup d’eau et d’espace; la laine régule bien l’humidité, mais c’est un produit d’origine animale; le duvet est léger, chaud et, s’il est de bonne qualité, il peut même être écoresponsable. Il soulève des questions quant à son origine et aux conditions d’élevage des animaux. Quant aux fibres synthétiques, elles sont souvent moins chères, faciles d’entretien et pratiques en cas d’allergies, mais sont fréquemment issues de matières premières fossiles et peuvent libérer des microfibres.
L’emballage est donc rarement fiable pour savoir si un produit est vraiment écoresponsable. Ce qui compte, c’est l’ensemble des critères: matériau, origine, durée de vie, entretien, réparabilité et élimination. Une couette de bonne qualité, que l’on utilise pendant de nombreuses années, s’avère être un choix plus judicieux qu’une couette bon marché qui fait des paquets au bout de peu de temps.
Dans la machine à laver
Le linge de lit doit être propre, cela va de soi pour beaucoup. Mais «propre» ne signifie pas forcément un lavage en programme complet à 60 degrés et un passage au sèche-linge.
Par habitude, nous lavons souvent les textiles à des températures plus élevées que nécessaire. Des températures plus basses permettent d’économiser de l’énergie et de préserver les fibres. En remplissant bien la machine, en dosant correctement la lessive et en faisant sécher le linge à l’air libre, nous améliorons encore davantage notre empreinte écologique. Le sèche-linge, en particulier, est pratique, mais il consomme beaucoup d’énergie et n’est pas toujours respectueux des tissus.
La fréquence de lavage compte également. Il n’est pas nécessaire de tout mettre au lavage immédiatement après une courte utilisation. Cela dit, l’hygiène reste importante: les personnes qui transpirent beaucoup, qui souffrent d’allergies ou qui ont été malades ont besoin de routines différentes.
Se rafraîchir sans gaspiller d’électricité
Avec des étés de plus en plus chauds, la chambre à coucher devient elle aussi un enjeu climatique. Beaucoup dorment moins bien ces derniers temps, car les pièces se réchauffent pendant la journée et ne se rafraîchissent pratiquement pas la nuit. Évidemment, on pense d’abord à la climatisation, mais la solution la plus durable nécessite un peu d’organisation.
Fermez les stores ou les rideaux pendant la journée, aérez tôt le matin et tard le soir. Utilisez du linge de lit léger et éliminez les appareils électroniques de la pièce. Si nécessaire, préférez un ventilateur à un climatiseur mobile. C’est souvent plus utile que l’on croit.
Le lit, tout un mode de vie
Au final, la chambre est un endroit propice à la réflexion sur le développement durable, justement parce qu’elle fait partie intégrante de notre quotidien. Personne n’est obligé d’y sauver le monde. Mais c’est là que s’accumulent de petites actions: utiliser plus longtemps, mieux entretenir, laver à une température moins élevée, passer moins souvent au sèche-linge, acheter de manière plus réfléchie, se débarrasser correctement de la vieille literie.
Ce sujet semble moins passionnant que les panneaux solaires, les voitures électriques ou les nouvelles technologies de recyclage. Cependant, le développement durable ne se résume pas à de grandes avancées visibles. Il se cache aussi dans les objets qui nous entourent chaque jour. Ou plutôt chaque nuit.
Si l’on souhaite dormir de manière plus écoresponsable, il n’est donc pas nécessaire de renoncer au confort. Dans le meilleur des cas, c’est même l’inverse: des matériaux de qualité, un entretien soigné et une pièce fraîche et calme ne contribuent pas seulement à réduire l’empreinte écologique, ils peuvent également améliorer la qualité du sommeil. Vous pouvez maintenant dormir sur vos deux oreilles.