Lorsque Natalie Bino, fondatrice de ZeroWaste Switzerland, a allumé la télévision ce jour-là, elle ne se doutait pas que sa vie allait être bouleversée. En 2014, la télévision suisse a mis à l’honneur Bea Johnson, pionnière du zéro déchet. Depuis, Natalie Bino s’efforce d’implanter en Suisse cette démarche: générer le moins de déchets possible.
«Le zéro déchet est une vision, explique la fondatrice de ZeroWaste Switzerland. C'est un mode de vie qui vise à les éviter à la source et à utiliser les ressources de manière responsable.» Cette vision reste encore loin de la réalité, particulièrement en Suisse. Peu de pays au monde produisent autant de déchets par habitant. Selon l'Office fédéral de l'environnement (OFEV), ce chiffre s'élevait à 730 kilos en 2014.
Chez le fromager, version zéro déchet
Cela n'a pas empêché Natalie Bino et son mari de tenter l'expérience. Lors de leur visite à la fromagerie du village, ils ont apporté leur propre Tupperware. Le boucher, l'agriculteur et les marchands ont eux aussi apprécié ce mode de vie sans emballage. Mais pour la famille, cela ne suffisait pas.
«Le jour où Elon Musk s'envolera pour Mars, j'aurai beau avoir évité des dizaines de pots de yogourt, cela ne changera rien», relève aujourd'hui Natalie Bino. Ce que l'on fait à titre individuel peut certes donner bonne conscience. Mais son impact reste limité.
Le groupe Facebook qu’elle avait créé peu après a rapidement atteint la limite de 10'000 membres. Le sujet était en plein essor: l'application Too Good to Go se répandait, et les premières boutiques, spécialisées dans les invendus alimentaires, ouvraient leurs portes. Lorsque deux membres de son groupe Facebook l'ont contactée, ils ont fondé ensemble une association en 2018.
Depuis, cette association est sollicitée dans toute la Suisse pour des conférences, des ateliers et des analyses de processus. Elle a élaboré des guides zéro déchet pour les mariages, les voyages et le sport. Et aujourd'hui encore, elle accompagne les familles qui souhaitent réduire leurs déchets.
