Plusieurs projets internationaux liés à l’énergie solaire font parler d’eux. Leurs installations permettent de faire apparaître de la pluie dans le désert, d’élever des crevettes ou encore de produire du carburant solaire. Si la plupart des parcs photovoltaïques du sud-est de la péninsule arabique sont encore en phase de développement, d’autres solutions sont déjà (presque) commercialisables. Ainsi, à Tianjin, dans le nord de la Chine, le plus grand projet au monde à combiner électricité solaire et ferme salicole est actif depuis plus d’un an. Dans un même temps, Synhelion, producteur de kérosène solaire, a trouvé en Suisse ses premiers gros clients.
Les parcs photovoltaïques des Émirats arabes unis
Aux Émirats arabes unis (EAU), des recherches sont menées sur une nouvelle méthode capable de générer de la pluie dans les régions désertiques. Il ne s’agit toutefois pas là de «cloud seeding», un procédé d’influence météorologique consistant à pulvériser des substances dans les nuages pour favoriser les précipitations, mais plutôt de grands parcs photovoltaïques aux installations foncées. La chaleur générée engendre des courants ascendants qui conduisent à la formation de nuages et, in fine, à des averses.
Cette nouvelle technologie a été étudiée cette année aux EAU dans le cadre d’un projet de recherche. Des scientifiques allemands, dont Oliver Branch, de l’Université de Hohenheim, y participent. Un parc solaire de 20 km² devrait ainsi pouvoir produire jusqu’à 600'000 m³ d’eau de pluie. Cela permettrait de répondre aux besoins en eau de dizaines de milliers de personnes. Le projet est financé par les EAU, qui étudient actuellement l’utilisation de cette technologie. Outre les EAU, ce sont surtout des régions arides comme la Namibie et la Basse-Californie qui pourraient bénéficier de cette méthode.
Le sel, les crevettes et l’énergie propre de Huadian Tianjin Haijing
La Chine, pionnière en matière d’énergie solaire, montre que les centrales photovoltaïques peuvent servir simultanément plusieurs objectifs distincts. Depuis l’an dernier, la centrale photovoltaïque de Huadian Tianjin Haijing, d’un gigawatt, est active au milieu des champs de sel de Changlu – l’une des plus anciennes fermes de sel de la côte chinoise. En plus de l’électricité produite, destinée à couvrir la consommation de 1,5 million de ménages chinois, on y extrait du sel et on y élève des crevettes.
Les modules solaires, qui utilisent la lumière directe du soleil et celle réfléchie par l’eau, sont espacés de 14 mètres, ce qui est important dans le cadre de la production de sel. L’eau salée peut ainsi s’évaporer en quantité suffisante. En même temps, les panneaux fournissent de l’ombre aux bassins de crevettes. De fait, la température de l’eau diminue et les conditions d’élevage s’améliorent. Selon Yang Fan, responsable du projet, la centrale permet d’économiser 500'000 tonnes de charbon par an et ainsi de réduire les émissions de CO2 de 1,25 million de tonnes.
Le carburant solaire de la startup suisse Synhelion
La start-up helvétique Synhelion est à l’origine d’une innovation révolutionnaire: transformer la lumière du soleil en carburants solaires neutres en carbone. L’installation de carburant solaire nommée «Dawn», actuellement en service, a déjà produit avec succès du Syncrude, un pétrole brut synthétique qui peut être transformé en kérosène renouvelable dans les raffineries. Le kérosène solaire convient aux avions, aux bateaux ainsi qu’aux voitures, et devrait remplacer de manière équivalente les combustibles fossiles.
Le dernier bilan réalisé par Synhelion montre que l’installation permet une production rentable à l’échelle industrielle. C’est pourquoi, à partir de 2027, la plus grande installation, «Rise», située sous le soleil espagnol, entrera en production commerciale, avec une capacité prévue de 1000 tonnes de carburant solaire par an. Synhelion a déjà conclu un contrat d’achat de 5 ans avec l’avionneur suisse Pilatus et la Compagnie de navigation sur le lac des Quatre-Cantons (SGV).
